« deux fois plus d’énergie et de désirs »

Présentation de saison 2019-2020 - ph. Jean Louis Fernandez

Émilie Capliez & Matthieu Cruciani,
directeurs de la Comédie de Colmar

Une interview de François Bégaudeau

François Vous dites souvent avoir rêvé votre projet.
À quoi ressemble ce rêve ?
Émilie Ce rêve est celui d’un théâtre ouvert sur la ville, chaleureux, vivant, joyeux, un lieu de partage et d’échange, où public et artistes se rencontrent et s’étonnent ensemble. Comme vous voyez, je rêve en couleur, un peu à l’image de cette plaquette que nous avons souhaitée généreuse, dynamique et joueuse.
Matthieu Pour ma part, je rêve d’un théâtre peuplé, en éveil permanent. Fréquenté par des gens différents, animé par un collectif d’artistes, porté par une équipe enthousiaste, proposant de beaux spectacles. C’est un rêve très simple et très concret.

François Y a-t-il une idée directrice dans l’ensemble des spectacles et manifestations que vous programmez pour cette première année ?
Émilie Oui. Nous avons souhaité proposer plus de spectacles familiaux, produire des créations jeune public, mettre en avant des projets mêlant théâtre et musique, en renouant notamment avec l’Opéra Studio,et enfin permettre le croisement des oeuvres classiques et contemporaines. Cette saison sera donc marquée par l’éclectisme et l’envie de partage.
Matthieu Ce projet, nous l’avons également imaginé avec le collectif artistique, composé notamment de nos deux artistes associées : Alice Laloy et Catherine Umbdenstock. Cette joyeuse équipe portera avec nous la saison.

François Diriez-vous que cette programmation vous ressemble ?
Émilie Dans une certaine mesure, elle le doit : les plus beaux cadeaux sont toujours personnels. Elle doit être le fruit de nos réflexions communes, de nos affinités artistiques et de notre attention particulière envers le public.
Matthieu Ensuite, les artistes que nous programmons ne nous ressemblent pas forcément. Et tant mieux. C’est même notre responsabilité et notre mission : pas de chapelle, du théâtre pour tous, et vive la curiosité !

François Quelle est la valeur ajoutée d’une direction bicéphale ?
Émilie Diriger à deux, c’est avant tout plus de démocratie et de partage. C’est être plus présents aussi, tant pour les publics que pour l’équipe. Et c’est ainsi, dans cette complémentarité éprouvée depuis quinze ans, que nous savons travailler au mieux.
Matthieu C’est une voile supplémentaire au bateau. Deux fois plus d’énergie, de désirs. Et puis l’idée que le théâtre est un sport collectif. C’est toujours comme ça qu’il commence. Et qu’il devient beau.