Édito

Chers spectateurs,

Ph. Jean-Louis Fernandez

Cette première saison avec vous à la Comédie de Colmar se déroulait, il faut le dire, comme un rêve, une fête folle et pleine de joie, de rebonds, de surprises. Notre théâtre a pu palpiter quelques mois comme le lieu chaleureux et surprenant que nous souhaitions. De cela nous voulons avant tout vous remercier. Mieux, nous nous servons de ces bases pour reconstruire. C’est notre élan commun. Notre conversation en cours. Et puis nous avons été rattrapés par cette violente crise qui s’est abattue sur nous. Beaucoup de questions se sont posées alors : que peut-on au milieu de tout ça ? Que peut l’art ? Que doit le théâtre ? Il y eut dans cette tourmente des solitudes, des fragilités mais aussi des fiertés collectives nouvelles. Et puis, des manques : celui de l’autre, des soirées nombreuses et peuplées, des applaudissements, des discussions, des lumières dans la Manufacture tard dans la nuit. Ces manques furent l’expression d’un besoin, d’art, de partage, de vivant. L’expression d’un essentiel. À présent, une nouvelle page s’ouvre à nous, celle de la reconstruction. Là, nous avons un rôle à jouer. Convaincus que l’art est un bien nécessaire, pour tous, plus que jamais. Nous sommes donc particulièrement heureux de pouvoir vous convier aux différentes propositions qui se dérouleront durant l’été, et de vous adresser le pré-programme de la saison prochaine avant la sortie de la brochure complète début septembre. 2020-2021 sera une saison colorée et « piquante ». Elle a été imaginée en complicité avec notre équipe pour faire de la Comédie de Colmar un lieu de fêtes et d’échanges, pour tous, une maison des artistes ouverte sur la ville et en phase avec notre monde, aussi questionnant soit-il. Vivement les retrouvailles. Nous avons tant de choses à nous raconter.

Émilie Capliez et Matthieu Cruciani