Les Centres dramatiques nationaux

Les Centres dramatiques nationaux sont nés en 1947 dans la France dévastée de l’après-guerre. Sous l’impulsion de Jeanne Laurent, le ministère de la Culture veut redonner une identité commune à ce pays effondré. Deux Centres dramatiques nationaux voient le jour cette année-là, l’un à Colmar et l’autre à Saint-Étienne. Leur mission est simple : installer une troupe de théâtre sur le territoire, créer des liens avec les habitants mais aussi des spectacles de qualité égale à ceux créés à Paris. La décentralisation est en marche, d’autres Centres dramatiques voient le jour à Rennes, Toulouse, Tourcoing. Ils sont aujourd’hui au nombre de 38, répartis aux quatre coins de la France. La spécificité de ces maisons réside donc dans le fait d’être dirigées par des artistes, qui mènent avec leurs artistes associés et leur équipe permanente un travail de création, de transmission et de rencontre, auprès de tous les publics. Leurs missions sont restées les mêmes, les artistes-directeurs créent sur leur territoire de nombreux spectacles, offrent aux comédiens et aux auteurs un lieu de recherche, d’expérimentation, de liberté artistique. Fidèles à l’idée du théâtre comme service public, les Centres dramatiques multiplient les propositions artistiques sous forme d’ateliers, de rencontres, d’immersion ; ils présentent des spectacles dans les villages les plus éloignés, dans les prisons, les maisons de retraite, les écoles, afin de rendre le théâtre accessible au plus grand nombre. Au cœur de chaque directeur, de chaque salarié, de chaque artiste, réside la certitude que le théâtre est le lieu de l’union, du partage, le lieu où les inégalités s’effacent.